Dans les coulisses de Rêves de Créateurs

Déambuler dans les allées du salon Rêves de Créateurs, les 7 et 8 décembre derniers, au Chorus à Vannes, c’était la certitude de croiser des idées aussi atypiques que des personnes au grand cœur. On a donc pris ce temps précieux pour échanger avec une poignée d’exposants, bénévoles et partenaires.

Sur un présentoir poétique, une carte attire l’attention. «Avertissement : les rêves ne repoussent pas. Ou rongés par le remord ». Attablé au bureau voisin, un visage discret apparaît, camouflé derrière un crayon noir qui glisse et un carnet qui se remplit. Quand elle se sent observée, Pauline Lemée s’extirpe de la concentration qui l’avait emportée vers son monde imaginaire.
Elle est la fondatrice de Papier animé. « Animé, comme
anima, l’âme en latin », précise-t-elle spontanément. Comme celle qui se dégage des illustrations poétiques qu’elle encre sur du papier du Vietnam.  C’est sa première participation au salon. « Exposer me permet de voir quelle résonnance, quel écho a mon travail auprès du public », sourit-elle. Quelques stands la séparent d’Anne Lavorel, la fondatrice de Jardins guérisseurs. Cette architecte jardinière « ramène la nature au cœur des espaces verts ». « Ici je me sens bien, car je suis vue pour ce que je suis : une artiste », chuchote-t-elle, alors que le salon lui a déjà permis de noircir son agenda de quelques rendez-vous clients. 

Dans les allées, il n’est pas rare de croiser le photographe au chapeau. Gérald Lapacherie. Fidèle partenaire de ce rendez-vous annuel pour créateurs passionnés. « J’aime beaucoup les artisans et les gens de manière générale, confie-t-il, alors immortaliser ces moments éphémères et permettre aux exposants de conserver des photos d’eux dans leur stand est un de ces plaisirs simples ». Joie de recevoir, Gérald. C’est d’ailleurs devant le stand d’une artiste photographe plasticienne que la foule s’arrête désormais. 
Corinne Beausoleil répond à chacune des curiosités avec une passion certaine. En 2017, elle était venue spécialement de Lanvellec (22) pour être bénévole sur le salon. Séduite, elle a candidaté. « C’est riche de sortir de son atelier, d’exposer son travail et d’être ouverte aux points de vue extérieurs », relate-t-elle, sourire figé après des échanges très positifs avec les visiteurs.

Des échanges. C’est, après les rêves, le maître-mot de cette rencontre d’artisans, artistes et entrepreneurs innovants. D’ailleurs, l’espace dédié aux ateliers créatifs ne désemplit pas de propositions alléchantes. Stéphane Henrio, initiateur du salon du chocolat et des gourmandises à Vannes, dévoile en direct sa recette de mousse au chocolat. L’occasion de partager avec les participants sur les pratiques du métier. Du côté du pôle synergie, où sont rassemblés les partenaires de la cinquième édition de Rêves de créateurs, l’espace conférence attire entrepreneurs en devenir et professionnels avisés. « Tout le monde me voit comme une licorne qui envoie des étincelles, mais je dois vous avouer qu’hier j’étais fatiguée et j’ai eu besoin de déconnecter mon corps », confie Irelle Kouakou, co-fondatrice de Le Reuz, l’espace de co-working qui fait bouger Vannes. Elle illustre ainsi les conseils divulgués par Brigitte Fallot, coach de vie, créatrice d’Uni mundi. Cette spécialiste vient de dévoiler son « bonomètre », un ludique outil de mesure du bonheur au travail. Une invitation au repos, pour le corps et l’esprit. Cet homme qui passe semble infatigable. Guy Coste est photographe et vit sa première expérience en tant que partenaire du salon. C’est cet élan pour le développement de l’artisanat d’art qui l’a convaincu de soutenir l’association organisatrice.
Ainsi, le photographe a agrippé sa casquette de formateur pour animer une conférence sur le droit d’auteur. « J’ai pris plaisir à confronter mon intuition au besoin de formation des artisans d’art. Il y a eu un déclic ces dernières années : ils ont compris qu’ils devaient aussi être des communicants. Et les réseaux sociaux demandent des photos qualitatives. »

 

Du côté du stand de Créa Décor, spécialiste des fresques et du design mural, ce sont les smartphones qui sont de sortie. L’artiste est en pleine démonstration de l’une de ses techniques de création les plus étonnantes : la peinture à la bière. Les bénévoles qui passent à ce moment n’y jettent qu’un regard furtif, souvent sollicités ici ou là. Jacques est de ceux-là. Une lumière capricieuse, un meuble à rafistoler… Cet électricien à la retraite est la boîte à outils des membres actifs de l’association. Le reste de l’année il est chargé de fidéliser les partenaires ou d’en convaincre de nouveaux. « En arrivant de Nantes, je souhaitais garder contact avec le milieu de l’entreprise et l’artisanat. Rêves de créateurs me permet de tisser un lien fort avec le monde économique. »
C’est aussi pour sortir de chez elle que Céline Lepaigneul s’est engagée dans les commissions « communication » et «  bénévoles » de Rêves de créateurs. « C’est un événement riche en relations humaines ». A ses côtés, Sandrine Lerat, cheffe d’orchestre de la commission « bénévoles » parle d’un tremplin. « Ce rôle m’a donné confiance en mes capacités d’organisation et mes compétences administratives. Je suis fière de participer à Rêves de créateurs. » Et si c’était à votre tour l’an prochain ? 

Léonie Place, Scribeuse