Reconversion professionnelle et entrepreneuriat

Depuis quelques années, la reconversion professionnelle a le vent en poupe. Si auparavant elle pouvait être considérée comme un échec, aujourd’hui elle résonne plus comme une prise de conscience, un choix courageux, un nouveau départ, dont beaucoup rêvent mais n’osent pas franchir le pas. Ce changement d’horizon est motivé de manière générale par une seule chose : une vie professionnelle plus épanouissante.

Selon une étude menée par l’AEF (Agence Education et Formation) en novembre 2017, 28% des français se sont déjà reconvertis, soit plus d’un français sur quatre, et 64% le souhaitent mais n’ont pas encore osé le faire. La prise de décision est finalement le cap le plus difficile à franchir, car elle s’accompagne la plupart du temps (pour ne pas dire toujours) de craintes comme « vais-je m’en sortir financièrement ? », « et si j’avais tout quitté pour rien ? », « mon rêve est peut-être trop beau pour se réaliser… ».

 

À chacun sa motivation

La reconversion commence tout d’abord par une remise en question, tant sur le plan professionnel que personnel. Il est important d’identifier les raisons qui nous ont poussé à vouloir changer de vie : un désir de liberté, un retour aux valeurs, être son propre patron, plus de créativité, moins de stress ? les raisons peuvent être multiples.


Parmi les nombreux jeunes entrepreneurs reconvertis en Bretagne, il y a Ronan PATRIX (exposant au salon Rêves de Créateurs édition 2017). Anciennement architecte naval, Ronan a créé AR’WOOD, un atelier de création de luminaires en bois. Ses différentes expériences ont développé son goût pour la technique et le développement de projets uniques. Manuel et curieux, il a su développer des compétences dans le travail du bois, l’électronique et la programmation sur divers projets personnels.

 

« Le luminaire est un produit industriel qui laisse sa place au créatif. A l’atelier, l’artiste et l’ingénieur que je suis ont toute liberté de mouvement ».

 

Dans d’autres cas, la réorientation professionnelle ne relève pas de l’envie mais d’une nécessité, comme ce fût le cas pour une autre exposante du salon Rêves de Créateurs édition 2017 : Adeline LECHEVALLIER. Anciennement pâtissière, elle fût contrainte de cesser son activité à cause d’une allergie massive aux œufs.

Passionnée par la création de bijoux depuis l’enfance, elle prit la décision de reprendre une formation de perlier à Paris, suivie d’une formation bijouterie-orfèvrerie en 2013 à Ploërmel qui lui donnera envie d’ouvrir son propre atelier. Elle exerce aujourd’hui à Auray, dans un espace de travail partagé : l’Argonaute. Elle y fabrique ses bijoux, des créations uniques faites de métaux précieux et de verre.

 

« Les cinq sens sont au cœur de mon travail. J’y retrouve la même sensualité que dans le travail de pâtissier ou de chocolatier-confiseur, ainsi que les couleurs ».

 

Réussir sa reconversion

Mais quelles sont les différentes étapes pour aller au bout d’une reconversion ? Voici quelques clefs qui vous aideront à mener votre projet à bien :

La détermination: vous allez probablement rencontrer des obstacles dans votre parcours, il est nécessaire d’être déterminé pour atteindre votre objectif et ne pas baisser les bras.

Avoir un projet solide: votre décision doit être réfléchie, étudiée. Il est important d’évaluer quelles seraient vos difficultés et vos capacités à les surmonter. Pour cela faites une étude de marché pour cerner dans quel environnement économique va se développer votre activité, identifier vos futurs clients, vos éventuels concurrents etc. Vous pouvez également faire appel à des organismes publics comme la CCI ou des organismes privés pour vous faire aider.

L’accompagnement: faites-vous accompagner par des professionnels, de nombreux organismes publics sont à votre disposition (comme l’APEC par exemple). Dans le privé, vous trouverez également quelques cabinets spécialisés et des coachs indépendants prêts à vous aider dans vos démarches (comme Steven GRAVOUIL de STG Consultants à Vannes).

Nous avons la chance d’avoir un territoire très riche en termes d’entrepreneuriat. De nombreux réseaux permettent d’accompagner les futurs chefs d’entreprise tout au long de leur projet avec pour objectif  de développer le dynamisme économique local. Parmi eux, Réseau Entreprendre Bretagne ou encore Initiative Bretagne, qui ont permis la création ou la reprise de nombreuses entreprises ainsi que le maintien ou la création d’emplois. Enfin , la CPME représente et défend les intérêts des TPE et PME françaises (elle est implantée dans tous les départements). Forte d’un réseau de 200 fédérations professionnelles, syndicats de métiers, et 116 unions territoriales, la CPME réunit près de 150 000 entreprises employant plus de 3 millions de salariés.

Une formation adaptée: une fois votre projet relativement abouti, recherchez la meilleure formation. Selon les cas, ses caractéristiques varient : plus ou moins longue ; certifiante ou diplômante. Vous pouvez aussi recourir au compte personnel de formation (CPF pour un parcours jusqu’à cent cinquante heures) ou au congé individuel de formation (CIF, pour un cursus de six à douze mois).

Le financement: les créateurs d’entreprises (ou repreneurs) peuvent bénéficier de nombreuses aides financières, notamment de la part des organismes publics comme le Pôle Emploi, la région, BpiFrance mais il en existe beaucoup d’autres. Le financement participatif, aussi appelé crowdfunding, peut également être une solution. Parmi les différentes plateformes ayant chacune leurs spécificités vous trouverez Kengo et Gwenneg qui soutiennent les porteurs de projet locaux. Certains concours pour jeunes entrepreneurs peuvent vous donner un coup de pouce sous forme de bourse. Et enfin les banques proposent aujourd’hui des solutions de financement pour aider votre projet à prendre forme.

Le soutien de ses proches : échangez avec votre entourage de votre désir de changer de métier. Cela aura également un impact sur leur vie, pas seulement sur la vôtre. Le soutien de la famille et des amis peut être déterminant dans la réussite de votre projet.

Si vous menez votre projet de manière intelligente, en étant bien accompagné, vous avez de grandes chances de créer une activité prospère. Vous ne deviendrez peut-être pas Bill Gates… Mais vous pourrez sûrement vivre de votre passion au bout de quelques temps. Et c’est à ce moment-là que vous vous féliciterez d’avoir osé vous lancer !

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♦ Merci à  Julie GLATIGNY  qui est l'auteur de cet article. ♦