Micro-entreprise et partenariats – Pensez rentabilité et juridique !

Autant que le chat est chasseur et la vache herbivore, nous sommes tous, en tant qu’humains, des êtres pourvus d’un besoin social. C’est dans notre nature.

En plus de celui-ci, nous sommes équipés d’un besoin d’accomplissement.

Quoi de plus naturel alors, quand on le concrétise en entreprenant, de vouloir les réaliser grâce à des partenaires ? Rien, mais il existe dans nos sociétés élaborées, des lois à respecter. Attention à ne pas déborder de leurs contours !

Travailler ensemble pour optimiser son chiffre d’affaires est loyal. Déguiser une société en partenariat, autrement dit se rendre coupable de fraude fiscale, ne l’est pas.

Pourquoi collaborer ?

Les motivations d’une collaboration sont multiples. Un partenariat permet de partager des savoirs, d’additionner des compétences dans des domaines complémentaires, de se diversifier, de rompre l’isolement, d’avoir des « collègues », de développer son réseau, de s’encourager, de partager les doutes, … Le tout pour un objectif commun : gagner de l’argent.

L’émergence du besoin de l’autre

Le besoin d’être accompagné ou secondé dans une mission ne relève pas toujours de la stratégie commerciale. Certains entrepreneurs vont faire appel, dans l’urgence ou non, à autrui, pour déléguer et respecter les délais plus que pour développer leur chiffre d’affaires.

D’autres sauront dès le début de leur activité qu’ils vont devoir utiliser leur réseau ou en créer un pour développer leurs affaires. Parfois ce sont des rencontres, des hasards qui feront naître des idées neuves et des partenariats.

C’est bien connu, l’union fait la force. Mais elle ne nourrit pas son homme, en tous cas, pas à elle seule. Les idées, c’est bien. Être rentable est indispensable.

Rentabilité pour tous

Chacun doit tirer son épingle du jeu, et pour ça, une bonne anticipation s’impose. L’improvisation fonctionne pour le théâtre, pas pour les affaires !

Concrètement, prenons un rédacteur qui voudrait proposer une prestation complète à son client. Par exemple, un beau livre. Sa compétence est la rédaction. Pour la mise en page, l’intervention d’un graphiste sera nécessaire. Éventuellement, un photographe et/ou illustrateur pourra faire partie du projet. Ensuite, il faudra imprimer l’ouvrage.

Notre rédacteur devra prendre en compte l’intervention de ces différents professionnels et estimer leur coût afin de fixer le tarif de sa prestation en conséquence et s’assurer d’être rentable.
Il est fondamental de ne pas négliger cet aspect afin que chaque acteur trouve un intérêt, et surtout, du plaisir à collaborer.

La difficulté est de définir pour chacun, précisément, quel tarif sera compétitif et rémunérateur, il en va de la survie de votre affaire. En effet, la tentation est grande en début d’activité de brader son travail pour attirer le chaland. Hélas, faute de connaissance en gestion d’entreprise, on apprend toujours trop tard que c’est une erreur stratégique.

Juridiquement

Si vous avez un statut de micro-entreprise et que vous êtes plusieurs structures à intervenir sur un projet, chacune doit proposer un devis et une facture associés à ses propres prestations. Partager un même portefeuille clients est aussi interdit. En résumé, le partenariat entre micro-entrepreneurs n’est pas prévu par la loi. Cette forme de collaboration existe déjà et répond au doux nom de société.

Le partenariat en micro-entreprise doit rester occasionnel, disons qu’il est tout juste toléré. C’est au moment de l’établissement du devis et de la facture que vous serez confrontés à l’inexistence de législation en matière de partenariat hors société. Deux solutions s’offrent à vous pour vous protéger :

  • Vous établissez chacun votre devis/facture. Il faudra alors expliquer au client qu’il paie plusieurs prestataires.
  • Un seul prestataire facture au client, puis règle ses « associés » comme de la sous-traitance. Cette option est plus transparente pour le client, mais la pirouette sera moins rentable. Elle a l’effet pervers d’impliquer de payer deux fois les charges sociales pour la même prestation.

Revenons à notre exemple. Admettons que notre rédacteur facture le travail 2 000 €, il va payer ses charges sociales sur cette somme. S’il se sert ensuite de ladite somme pour payer son graphiste 500 euros qui devra aussi payer ses charges. Après un rapide calcul, vous aurez la joie d’apprendre que 27,5 % de la prestation sera métamorphosée en charges sociales, à la place de 22 % si vous choisissez d’établir chacun vos devis et factures. Vous pourrez obtenir une meilleure marge et proposer des prix plus compétitifs !

Ceci ne vaut-il pas la peine d’expliquer le contexte à vos clients ?

Chiffre d’affaires, législation, affinités !

Bien sûr qu’il est bénéfique de s’unir pour mieux réussir, mais avant d’être une histoire d’argent, le partenariat est avant tout une histoire humaine. Il s’agit de rencontres opportunes, de compétences complémentaires, de partages de valeurs communes, parfois même d’éthique. D’histoires d’amitié, d’esprit de solidarité, d’ouverture d’esprit et de concessions. Rien de tout cela ne se calcule, et c’est tant mieux !